Construire son patrimoine, préparer l’avenir familial, se sentir libre… devenir propriétaire d’un bien immobilier peut vous donner des ailes !

Mais cet investissement implique aussi de nouvelles obligations auxquelles vous allez devoir faire face. 

Cet engagement est financier, bien sûr, mais également géographique. Nouveau voisinage, nouveau quartier : ces changements en stimulent certains et font peur à d’autres. Isabelle Benassouli, psychologue clinicienne-psychothérapeute et auteur du livre « Petit guide de survie psychologique en temps de crise sanitaire », nous donne les clés pour franchir ce cap à forts enjeux. 

Qu’est-ce qui nous pousse à vouloir acheter un logement ?

Isabelle Benassouli : La raison principale est de vouloir se mettre en sécurité.

La maison représente l’identité, un lieu où l’on se retire, où l’on se sent protégé car personne ne pourra vous expulser.

On cherche à établir une sédentarité, trouver un rythme que l’on maîtrise. L’accès à la propriété représente clairement une étape importante dans la vie d’un être humain.

Quels sont les effets positifs d’un tel acte ? Est-ce qu’il rendrait heureux ?

I.B. : Le premier effet positif peut résulter d’un sentiment de responsabilité et de fiabilité. Depuis la nuit des temps, les hommes sont reliés à des territoires, des limites, des frontières qui bordent le moi et le non-moi.

Avoir un « chez-soi » que l’on peut investir peut apporter du réconfort, de la sécurité et de la protection.

Le premier besoin d’un être humain est de se sentir aimé et en sécurité. Cette sécurité fondamentale ou cette insécurité (selon nos vécus d’enfance) continue d’œuvrer toute notre vie dans nos choix et dans nos engagements. Si l’investissement dans un chez-soi apporte cette sécurité qui est fondamentale, c’est une bonne base pour cultiver tout ce qui fait d’une vie une vie heureuse.

Être propriétaire peut également procurer une grande liberté de penser, en cela que les préoccupations basiques matérielles de survie ne sont plus à l’ordre du jour.

Libéré de ce danger d’être exilé à tout moment, l’individu peut se consacrer à se réaliser sur d’autres plans.


Existe-t-il de moins bonnes raisons d’investir ?

I.B. : Il y a toujours eu des sédentaires et des nomades parmi nous. Il est important de bien se connaître de ce point de vue là, car un investissement peut parfois mener à une forme d’immobilisme. Certains êtres ont besoin d’explorer régulièrement de nouveaux territoires, de nouveaux lieux de vie et peuvent se sentir bridés ou alourdis par le fait de posséder un espace de vie. Le fait d’être engagé avec des remboursements, une banque, des traites, peut donner l’impression d’être bloqué pour se tourner vers de nouveaux projets.

De ce fait, il peut y avoir de la rigidité et de la peur qui empêchent tout mouvement.

Il ne faudrait pas se sentir coupable de revendre pour investir dans un autre lieu ou une autre aventure.

Globalement, il n’y a que dans la tête que l’on se sent bloqué, car un achat est juste un choix d’investissement et le flux financier peut se dématérialiser pour se rematérialiser sous une autre forme si nécessaire.

Cet engagement représente-t-il un poids important pour un couple ?

I.B. : Le poids vient de la croyance que les choix nous engagent ad vitam aeternam, que nous ne pouvons pas revoir notre copie et « changer notre fusil d’épaule » que ce soit vis à vis de nous-même ou vis à vis d’autrui. En effet, si la pression financière se fait trop forte, un achat peut se transformer en revente. 

En ce qui concerne le couple, il est important de scinder la question affective de la question de l’investissement financier.

S’il y a confusion, on sait que le risque partagé peut devenir un enjeu de conflits en cas de difficultés de couple. Il peut y avoir des enjeux de pouvoir au sein de la relation amoureuse : qui investit quoi, qui demande quoi en échange, qui se « sacrifie » pour l’autre… Bref, il est important que tout soit soigneusement consigné chez un notaire pour éviter des années de procédures si la relation ne perdure pas.

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Comment savoir si une personne est « prête » à acheter ?

I.B. : C’est une question de cohérence, de phase de vie et de convergence des conditions favorables à un achat. La personne doit s’interroger clairement sur les points suivants.

Conclusion


En somme, devenir propriétaire de sa résidence principale ne suffit pas au bonheur, mais y contribue grandement :


Crédits image : Guillaume Flandre